J'ai longtemps cru que pour être en mesure de bien communiquer et d'avoir de l'impact dans mon environnement, je devais parler haut et fort, impressionner, m'affirmer, afficher mes couleurs et surtout, ne pas passer inaperçue...
Cadette et plutôt réservée à l’époque, j’ai grandi dans une famille d’expressifs où j’avais de la difficulté à prendre ma place. Ce contexte familial a contribué à bien forger mon caractère durant mon enfance et à m’inciter à me faire entendre pour avoir de l’attention. Par contre, avec la maturité et les années, j’ai réalisé que de monopoliser les conversations pour avoir l’attention, de ramener à soi et de préparer mes réponses pendant que mon interlocuteur partage son point de vue, ce n’est pas du tout ce que j’appelle de l’écoute active. Il s'agit plutôt d’écoute passive, j’oserais même dire offensive ou défensive. Inutile de vous dire que cette stratégie de communication mène souvent à des échanges insatisfaisants, à des monologues ou à des conversations chaotiques.
Physiologiquement, nous sommes dotés de deux oreilles pour entendre et seulement d’une bouche pour nous exprimer. D’où l’importance, comme diraient les sages, d’écouter deux fois plus que nous parlons et d’écouter davantage avec nos deux oreilles (qui forment deux demi-cœurs) plutôt qu’avec notre tête.
Lorsque j’écoute activement avec mon cœur, je ne donne pas de conseils, je ne juge pas les sentiments de l’autre et surtout, je ne projette pas les peurs et les doutes qui m’appartiennent. Je ne cherche pas de solutions pour l'autre sans son consentement. Autrement, cela contribue à déresponsabiliser mon interlocuteur, mais aussi à lui faire croire qu’il est sans ressource ou dépendant des conseils d'autrui, alors que chaque personne a en elle toutes les ressources pour obtenir ce qu'elle veut.
Nous vivons dans une société qui nous apprend comment nous exprimer, comment mieux communiquer, avec impact. À quand les cours pour apprendre à écouter son prochain? Il y a beaucoup de gens qui ont besoin de parler, d'attirer l’attention, de ventiler, d'être reconnu et même de dominer les conversations. Lorsqu'il y aura plus de gens qui ont la capacité d’entendre, de décoder, de comprendre les autres et qui maîtrisent l'art de l'Écoute, nous vivrons consciemment dans un monde meilleur.
Reconnaître les caractéristiques essentielles d'une écoute active pour des conversations plus riches et plus satisfaisantes :
Une synchronisation avec son interlocuteur
Savoir reconnaître le canal de communication prédominant de son interlocuteur permet de créer le rapport et d’établir le climat de confiance. Est-ce que votre interlocuteur s’exprime en mode visuel, avec un débit très rapide? En mode auditif, en vous tendant l'oreille? Ou de façon kinesthésique avec une position détendue et les mains vers le bas? Savoir détecter le canal sensoriel de communication utilisé par notre interlocuteur en portant attention à ses mots tels que "je vois, j'entends, je sens" représente des informations cruciales en programmation neuro-linguistique (PNL). La PNL est en quelque sorte l'art de la communication et un moyen d'influencer positivement les interactions avec soi même mais aussi avec les autres. Lorsque nous intégrons les outils puissants de la PNL, nous pouvons mieux nous synchroniser avec notre interlocuteur, créer un rapport de confiance en quelques secondes, seulement en répondant dans son canal de communication. Cela permet de rendre les conversations plus agréables, plus fluides naturellement. De cette façon, lorsqu’un client me décrit ses besoins et ce qu’il voit comme étant important dans la réalisation d’un projet, j’évite de renchérir en mode auditif en lui disant : « Très bien, parle-moi en plus ». Par contre, en lui demandant de clarifier sa pensée et de partager sa vision, je fais référence à son sens visuel prédominant et cela facilitera nécessairement la connexion et l'échange d’information.
Une capacité à décoder le langage non verbal et paraverbal
Un vieux mythe nous porte à croire que 93% de la communication est non verbale et paraverbale, faisant référence respectivement au langage du corps ainsi qu'au ton, à l'intonation, au rythme de la voix. Même si ceci n’a pas été prouvé scientifiquement, être attentif aux expressions faciales, au ton et au volume de la voix ainsi qu’à la posture du corps peut nous révéler souvent bien plus d’informations que les mots entendus. Notre corps et notre visage ne mentent pas, alors soyez à l’affût de leurs précieux messages. Votre intuition vous aidera à décoder la signification d’un hochement de tête ou d’un pied qui tape le sol, par exemple. Puis si un(e) collègue vous répond avec un rire nerveux, n’hésitez surtout pas à en questionner la signification, les réponses peuvent être étonnantes et mener à des conversations enrichissantes.
Une curiosité à en connaître davantage
Savoir questionner l’autre pour mieux comprendre sa carte du monde est très utile, car sa perception n’est pas forcément LA RÉALITÉ. Nous avons tendance à créer notre propre réalité à travers nos cinq sens et celle-ci est influencée par nos expériences passées, nos croyances, nos mécanismes de défense. En s’intéressant réellement à ce que l’autre personne vit, nous favorisons l’expression de sa pensée et nous l’aidons à mieux se connaître et à voir des situations sous un autre œil. N’oubliez pas aussi de demander à votre interlocuteur quelle est la définition des mots qu'il utilise. La notion de respect peut être très différente d'une personne à l'autre, donc aussi bien être curieux(se). Reconnaître les divergences dans les interprétations des mots et questionner les besoins de l'autre peuvent souvent éviter certains conflits. Vous ne comprenez pas ce que votre interlocuteur vous dit? N'hésitez pas à obtenir plus de précision ou même l'évidence qui soutient ce qu’elle affirme. Si la personne est très globale ou si elle a tendance à généraliser ou à déformer la réalité, votre question permettra de recadrer, bonifier ou de clarifier ses propos.
Une capacité à être dans le moment présent
Savoir écouter sans jugement, sans interrompre, sans critiquer les sentiments, les pensées ainsi que les croyances de l’autre, démontrer de l’ouverture et de la compassion sont autant de preuve que nous sommes dans l’écoute du cœur. Écouter sans se sentir menacé, dévalorisé et en faisant abstraction de ses peurs et de ses doutes rend la communication beaucoup fluide, naturel et spontanée. La clé pour écouter avec son cœur est d'ancrer son corps dans le moment présent, les pieds bien solides au sol et de respirer plus profondément pour calmer son mental. Lorsque nous restons dans l'ici et maintenant, nous laissons place à un monde de possibilités, à l'émergence de créativité et à plus de clarté.
Et vous? Comment aimez-vous être écouté? À combien mesurez-vous votre qualité d’écoute? Est-ce que vous valorisez davantage la parole plutôt que l’écoute? Quel sera votre prochain petit pas pour mieux maîtriser cet art? Apprivoiser le silence? Adopter une qualité de présence?
Prenez le temps d’ÉCOUTER votre partie sage, elle saura vous guider vers ce que vous pouvez améliorer.